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Son parcours et son histoire


selon le Centre du Patrimoine et la ville de Montauban


Condensé de la brochure "Parcours Montauban - Promenade d'un lieu à un autre


Conception et textes d'Antoine REIPERT Directeur du Centre du Patrimoine de Montauban - Gaëlle GIQUEL du Centre du Patrimoine

HISTOIRE DE MONTAUBAN

A la rencontre du Quercy, du Rouergue et de l'Aquitaine, au coeur d'une vaste région agricole, 

Montauban se dresse telle une sentinelle sur le Tarn.

MONTAUBAN, des origines à la REFORME

"Si quelqu'un va dans le dit lieu pour y habiter et pour y bastir, il sera libre et à l'abri de toute poursuite étrangère ... (extrait de la Charte de la fondation de Montauban de 1144).

NEE en 1144

Montauban est fondée par Alphonse JOURDAIN en 1144 sur un plateau dominant le confluent du Tarn, du Tescou et du ruisseau Laguarrigue. Le Comte de Toulouse répond certes ainsi aux désirs des habitants du bourg voisin de Montauriol de s'affranchir de l'Abbaye Saint-Théodard, mais surtout, la création de cette ville neuve lui permet de renforcer sa présence au nord-ouest de son territoire et d'établir un verrou de sûreté sur la route de Paris. La nouvelle Cité fortifiée porte le nom de MONTE ALBANUS (Mont Blanc) ou Montauban, en référence aux saules argentés présents sur le site pour signifier que celle-ci est établie sur une terre vierge de toute construction.

UNE CHARTE DE COUTUME TRES AVANTAGEUSE

Les dispositions jurdiques et fiscales de la charte de fondation accordée par le Comte de Toulouse, attirent à Montauban de nombreux Artisans et Marchands. Rapidement le bourg voisin de MONTAURIOL se dépeuple au profit de la nouvelle Cité. En 1195, une charte consulaire confie désormais la conduite de la ville à dix CONSULS désignés pour un an. L'Abbé de Saint-Théodard et le Comte de Toulouse demeurent cependant les SEIGNEURS de la ville.

LA VILLE DEBORDE DE SES REMPARTS

Un temps freiné par la crise Cathare, le développement de la ville reprend dans la seconde moitié du 13ème siècle. L'Eglise Saint Jacques est reconstruite et agrandie, tandis que les Ordres Mendiants (Carmes, Franciscains, Dominicains, Clarisses) établissent leurs couvents hors de la ville Intra Muros, favorisant l'apparition des premiers Faubourgs. A la mort du dernier Comte de Toulouse en 1271, Montauban devient possession du Roi de France.

UNE CITE PROSPERE

Au début du 14ème siècle, l'économie locale connait un âge d'or. Celle-ci profite notamment de Montauban au carrefour des voies de communication, de la naviguabilité du Tarn jusque la Garonne, de la grande place du Marché et d'un commerce de VIN florissant. De nombreux marchands Montalbanais font alors fortune, comme les frères BONIS, dont les livres de comptes nous sont parvenus. Il révèle la diversité des produits vendus à Montauban : soieries d'Alep, draperies fines des Flandres, dattes d'Alexandrie ...

UNE VILLE FRONTIERE DECHIREE PAR LA GUERRE DE CENT ANS

Les épidémies de PESTE de 1348 et le début de la guerre de Cent Ans amorcent une période troublée, avec pour un point d'orgue le traité de Brétigny (1360) qui offre aux Anglais la ville de Montauban. Huit ans plus tard, le retour des Français s'accompagne d'une nouvelle série de privilèges économiques accordés par le Roi, mais il faudra attendre la seconde moitié du 15ème siècle et la fin de la guerre, pour que la ville retrouve sa splendeur d'autrefois.

DES GUERRES DE RELIGION A LA REVOLUTION

Dans la première moitié du 16ème siècle, l'effervescence intellectuelle du milieu étudiant favorise le développement des idées calvanistes.

LA GENEVE FRANCAISE

Montauban est acquise à la Réforme dès 1560. L'année suivante, la population incendie les édifices Catholiques, dont les ruines sont employées à renforcer les fortifications. En 1570, La Paix de Saint-Germain-en-Laye fait de la ville, une des quatre grandes places de sûreté du royaume de Montauban s'affirme comme l'un des principaux bastions Protestants. Henri de NAVARRE, qui séjourne à plusieurs reprises dans la ville, fait inclure dans les nouvelles murailles les Faubourgs de Villebourbon et de Villenouvelle. Dans le sillage des synodes nationaux, l'Académie de Théologie attire des Pasteurs de renom et de nombreux Etudiants. En août 1621, Louis XIII assiège la ville. La résistance farouche des habitants et les épidémies le contraignent à lever le siège en Novembre. Montauban ne se soumet qu'en 1629, après la prise de la Rochelle.

LA RECONQUETE CATHOLIQUE

Sitôt entré à Montauban, RICHELIEU entend s'assurer de la LOYAUTE de l'ancienne ville rebelle. L'établissement d'une intendance (1635) et d'une Cour des Aides (1661) attire une noblesse de ROBE Catholique et consacre Montauban comme NOUVELLE CAPITALE REGIONALE. Le démantellement des fortifications, l'aménagement de quais et de cours plantés d'arbres confèrent alors à Montauban un visage classique. Le retour des Ordres Catholiques, la reconstruction d'une Cathédrale et d'un Palais Episcopal puis la destruction des TEMPLES Protestants souligne la ferme reprise en main de la Cité pour le POUVOIR CATHOLIQUE.

UN SECOND AGE D'OR

Malgré les tensions RELIGIEUSES, le retour de la PAIX et la Modernisation URBAINE favorisent une prospérité économique sans précédent jusqu'à la Révolution Française. Elle est portée par l'Industrie TEXTILE, la FAIENCE, la SOIE et le commerce de la FARINE, dans lesquels les Protestants, peu à peu écartés des Administrations, investissent massivement. Dans la seconde moitié du 17ème siècle et durant le 18ème siècle, les nombreux Hôtels Particuliers alors édifiés par les Marchands et les Nobles témoignent de ces fortunes.

L'URBANISATION DES FAUBOURS

Montauban, qui est alors l'une des plus grandes villes du Sud Ouest, s'étend progressivement au delà de ses anciens REMPARTS. Au 18ème siècle, les FAubourgs du Moustier et Lacapelle se développent, tandis que la Bourgeoisie Montalbanaise s'installe dans de belles résidences sur les coteaux de Beausoleil. Celles-ci contrastent avec les modestes DEMEURES des quartiers de SAPIAC, de Villebourbon ou de Bonnenouvelle, qui demeurent essentiellement Maraîchers et Ouvriers. A la veille de la Révolution, Montauban s'étend sur 90 hectarres et compte 27 000 habitants.

OMBRES ET LUMIERES SUR LE 19EME SIECLE

Devenue PREFECTURE du Département du Tarn et Garonne, la ville traverse une grave crise Industrielle mais n'en fait pas moins preuve d'un fort dynamisme CULTUREL

LE SIECLE DES GRANDS CHANTIERS

Au 19ème siècle, Montauban connait une période délicate, les secteurs ADMINISTRATIFS et AGRICOLES ne compensant pas un déclin INDUSTRIEL certain, malgré l'ouverture du Canal de Montech (1844) et l'arrivée du Chemin de Fer (1856). Les Maires successifs conduisent pourtant de nombreux chantiers afin de moderniser la ville, qui bénéficie alors d'un fort exode rural. Pour faciliter la circulation, des nouvelles voies sont ouvertes, comme les boulevard Doumerc et Montauriol. Ces percées vont de pair avec le couvrement progressif du ruisseau Laguarrigue, l'édification du Pont des CONSULS et l'aménagement des Promenades, squares ou places pour l'agrément des habitants. L'établissement des Lycées et des Casernes, mais aussi la reconstruction des Eglises St-Jean et St Orens, concourent à structurer des quartiers en pleine expansion.

UNE VILLE ADMINISTRATIVE ET DE GARNISON

Sous la Révolution Française, le découpage des Départements cantonne Montauban au rôle de simple chef-lieu de district du Lot, dont Cahors devient Préfecture. Cette décision réduit considérablement la fonction administrative de la Cité, dont l'économie est déjà mise à mal par une grave crise industrielle. En 1808, la création du Tarn et Garonne par Napoléon permet finalement à Montauban de retrouver son statut de capitale Régionale. Au début de la IIIème république, l'arrivée de quatre régiments fait de Montauban l'une des premières villes de garnison du Sud Ouest.

LA VIE CULTURELLE 

Malgré, les difficultés économiques qu'elle traverse, la ville connait une intense activité intellectuelle. La bonne Société se réunit régulièrement lors des sessions de l'Académie ou de la Société Archéologique et le théâtre ne désemplit pas, à tel point, qu'il faut l'agrandir au milieu du 19ème siècle. Dans le sillage d'Ingres, un premier musée voit le jour, bientôt suivi d'un second consacré aux sciences naturelles.

LES GRANDES MUTATIONS CONTEMPORAINES

LE RENOUVEAU

Au début du 20ème siècle, Montauban s'est quelque peu endormie, comme en témoigne une démographie stagnante depuis la Révolution Française. La grande CRUE de 1930, qui détruit une grande partie des quartiers bas bordant le Tarn, est une CESURE forte dans le développement URBAIN : la ville s'étendra dorénavant vers les terres hautes du Nord et de l'Est. A la faveur des reconstructions, Montauban se dote de nouvelles infrastructures (marché couvert, bains douches, club nautique, Maison du Peuple), tandis que l'emploi du béton armé et le courant Art DECO introduisent un nouveau vocabulaire ARCHITECTURAL. Durant les trente Glorieuses (1946-1975), la ville profite de la forte croissance du secteur tertiaire et l'urbanisation se poursuit. Peu à peu, HLM, quartiers pavillonnaires et zones industrielles mordent sur la campagne environnante.

MONTAUBAN, TERRE D'ACCUEIL

Au cours du 20ème siècle, Montauban abrite de nombreux REFUGIES. Tout d'abord les ITALIENS et les ESPAGNOLS, qui durant l'entre deux guerres viennent chercher du travail avant de fuir la montée du FASCISME ou de la GUERRE CIVILE, comme le dernier Président de la République Espagnol, Marcel AZANA. En 1940, la ville se trouve confrontée à un nouveau flot de REFUGIES fuyant l'avancée Allemande, jusqu'à l'entrée de la Wehrmacht en Novembre 1942. Après-guerre, le mouvement reprend avec le redémarrage de l'économie locale : l'exode rural, l'arrivée massive des Rapatriés d'Algérie et de travailleurs étrangers venus renforcer les secteurs du bâtiment et de l'agriculture provoquent une explosion de la démographie. De 1946 à 1982, la population Montalbanaise passe de 36 000 à 55 000 habitants.