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Création et Evolution de la ville

Charte de la Fondation de Montauban du 9 octobre 1144

Source Archives Communales de Montauban côte AA1

Histoire de Montauban (source Archives Départementales du Tarn et Garonne) 

Livre Référence 11S780 - le Vieux Montauban - 8 siècles d'histoire

Alphonse, comte de Toulouse, Duc de Narbonne, Marquis de Provence, et Raymond de St Gilles, son fils, donnèrent un lieu qui est appelé « Monte Albano » et que le comte lui-même lui donna tel nom, afin de bâtir une ville ou un bourg pour les habitants tant présents que futurs …Ainsi s’exprimait le comte de Toulouse Alphonse Jourdain dans la Charte de fondation de la ville nouvelle entre le 2 et 3 octobre 1144.

La fondation de Montauban s’inscrivait dans le grand mouvement démographique de l’Europe Occidentale au début du XIIème siècle, mais Alphonse Jourdain n’était pas sans nourrir des arrières pensées politiques. La ville nouvelle pourrait servir de rempart au Comté de Toulouse soit contre une menace venue du Nord, la jeune monarchie Capétienne, soit de l’Est, le Duché de Guyenne… Aux abords de Montauban, il existait une agglomération, « Montauriol » formé autour de l’Abbaye bénédictine de Saint Théodard, qui fut fondée vers 750 « simple village au centre d’une exploitation rurale » (ph.Wolff). Lien entre le Quercy et le Toulousain, Montauban devait unir ces deux régions par un pont prévu dans sa charte de fondation. En fait, il faut attendre plus d’un siècle et demi avant que le projet se réalise.

Bien entendu, l’Abbé de Saint Théodard ne pouvait être hostile à la nouvelle fondation qui allait dépeupler Montauriol. Devals l’a situé vers l’actuel quartier Saint Michel, à l’Est des boulevards Mautauriol et Blaise Doumerc. L’Abbé de St Théodard ayant renoncé à toute résistance en 1149, la ville nouvelle allait se développer, comme en témoigne la nouvelle charte accordée en 1195 aux habitants. Une municipalité annuelle était créée. Elle devait être désignée par la municipalité sortante, d’autres articles précisaient le péage perçu par les marchandises transitant par Montauban, origine de la fortune de la ville. Dans le cadre de ces institutions relativement démocratiques, la ville prospère.

Elle accueille favorablement le catharisme mais est plus sensible au « Valdéisme » qui mettait l’accent sur le retour à la pauvreté évangélique. C’est ce qui explique que Montauban demeure la seule ville fidèle au comte de Toulouse lors de la croisade aux Albigeois. C’est à Montauban que Raymond VI condamne son frère Baudouin qui l’avait trahi, à être pendu (1214). Après une occupation temporaire par Simon de Montfort … la ville fut reconquise par le comte de Toulouse.

Le milieu du XIIIème siècle est marqué par des querelles entre les Bourgeois, « prudhommes » et les « populaires » notamment au sujet du recouvrement des impôts. Les « populaires » finissent par l’emporter et participent à égalité avec les « prudhommes » au gouvernement de la ville (1255). La seconde moitié du XIIIème siècle, est une époque de prospérité pour la ville. Le riche bourgeois « Guillaume Amial » commerce avec l’Angleterre. Il fonde le couvent des Cordeliers et les marchands Montalbanais sont en relation avec les foires de Champagne, alors à leur apogée.

C’est alors que sont lancés, financés en partie par les lois somptuaires, de grands travaux publics : le Pont Vieux, prévu en 1144, est bâti par Mathieu de Verdun et Etienne de Ferrières de 1304 à 1335, et l’Eglise Saint Jacques nait alors de la volonté communale, lieu de réunion pour le peuple de Montauban, commencée vers 1230, elle sera achevée en 1280.

Montauban au début du XIVème siècle, est en pleine expansion économique, comme le montrent les méthodes financières des frères Bonis, marchands qui s’approvisionnaient à Paris, Avignon, Montpellier et qui possèdent une sorte de grand magasin où l’on vend soieries, draps, fourrures…

En 1317, la ville est érigée en Evêché par le Pape Jean XXII.

La guerre de cent ans et la peste noire, vont mettre un frein brutal à cet essor. « Clef de Païs et chef du duché de Guyenne » ainsi que la dénommait fièrement Charles VI, Montauban est une ville frontière qu’Anglais et Français vont se disputer âprement.

En 1361, Montauban fut cédée aux Anglais après le traité de Brétigny.

C’est alors que fut construite la vaste salle du Prince Noir, au château comtal qui défendait le Pont Vieux. En 1369, Ratier de Beaufort, gouverneur de Négrepelisse, reconquiert la ville par le roi de France.

Une brève reconquête anglaise en 1430 fut sans lendemain ; la ville fut bientôt reprise, et le roi Charles VII y séjourna à Noël 1442, avant de s’emparer de la Guyenne, mettant ainsi un terme à la guerre de 100 ans, et rendant la paix à une région cruellement dévastée et dépeuplée.

Salle du Prince Noir au Musée Ingres de Montauban - ancien Palais Episcopal

La fin du XVème siècle et le début du XVIème siècle sont des EPOQUES de RECONSTRUCTION.

La grande famille de MONTPEZAT, compagnon d’armes de François 1er, qui deviendra GOUVERNEUR du Languedoc.

Mais déjà paraissent les signes annonciateurs de la REFORME. En 1537, le Carme Michel de Affinibus, professeur à Montauban, est inquiété pour ses opinions religieuses.

A la suite d’un ordre du Roi Henri II en 1551, l’Evêque Jean IV de Lettes Montpezat fait faire une visite du Diocèse de Montauban.

Mais la REFORME gagne du terrain. L’Evêque Jean de Lettres, chargé par le Roi Henri II « de purger et nettoyer » son diocèse « des erreurs, scandales, faulces et réprouvées doctrines qui contaminent et infectent le troupeau de Jésus Christ » … succombe au charme de ces doctrines et à celui de la belle Armande de Durfort, qu’il épouse, avant de se retirer à Genève. Dès mars 1559, les réformés organisent « une grande assemblée de gens » au son du tambour, précédant les quelques jours, le premier synode national de réformés.

Dès 1561, la réforme triomphe, les églises CATHOLIQUES, les couvents sont désaffectés, certains de ces édifices sont détruits totalement, comme la cathédrale St Théodard, le couvent des Cordeliers, ou partiellement, comme l’Eglise SAINT JACQUES, qui sera transformée en bastion.

Désormais, Montauban sera une des places fortes et une des capitales du PROTESTANTISME français, face à Toulouse restée fidèle au CATHOLICISME. On célèbre la Cène sous « les couverts » de l’actuelle Place Nationale et les Montalbanais empêchent Monluc de s’emparer de la ville. La venue de Charles IX en mai 1565 n’ébranlera pas la fidélité des Montalbanais à la réforme, même s’ils réservent au Roi une somptueuse entrée. Après la défaite de Moncontour (1569), le vieil Amiral de Coligny se réfugie à Montauban avec Henri, Roi de Navarre, le futur Henri IV, et le Prince de CONDE les princes de la REFORME. C’est alors que l’Humaniste Jean FORNIER, écrit son poème de « l’affliction de Montauban » très précieux pour l’histoire de la REFORME de Montauban.

Après la SAINT BARTHELEMY, le rôle de Montauban comme capitale du Protestantisme s’affirme. Henri de Navarre y fait de fréquents séjours et les « CONSULS de Montauban » lui font une entrée magnifique, ainsi qu’à sa femme Marguerite de Valois en 1579.

C’est à Montauban qu’a lieu la grande ASSEMBLEE des églises REFORMEES en 1581. Dans ces années, on voit dans les rues, Anthony BACON, peut être Agent Secret de la Reine Elizabeth, le poète Dufaur de Pibrac, auteur des « quatrains moraux », un Ambassadeur de Suède, et toute une cour brillante de DAMES et de gentilshommes qui entourent le Roi de Navarre. Celui-ci d’ailleurs, multiplie les séjours à Montauban où il fonde un collège, avec la Reine Margot, peut être retenu par une belle Montalbanaise, Madame CONSTANS.

En 1585, DUPLESSIS Mornay, « le Pape des Huguenots » enserre Montauban dans une enceinte FORTIFIEE formidable et crée les QUARTIERS de VILLENOUVELLE et de VILLEBOURBON.

L’EDIT de Nantes consacrera la vocation PROTESTANTE en faisant une des places de sureté protestante. La ville est aussi une Capitale INTELLECTUELLE du protestantisme, grâce à son Académie fondée en 1598, et qui compta des MAITRES éminents comme les Pasteurs Antoine GARRISSOLES et Michel BERAULD, qui jouèrent aussi un grand rôle politique. L’imprimerie est florissante avec Denis HAULTIN, qui édite l’historien protestant des guerres de religion – Claude de la Grange, Historiographe officiel du Roi de Navarre.

Le début du XVIIème siècle est une période contrastée pour Montauban. Ombres et lumières se heurtent. La ville affirme sa grandeur en reconstruisant à partir de 1614, ses couverts. C’est un architecte Toulousain d’origine Orléanaise, Pierre de LERESVILLE, qui entreprend ce grand œuvre qui ne sera achevé qu’au début du XVIIIème siècle. La ville affirme sa foi Huguenote lors du siège de 1621. Louis XIII et Luynes doivent reculer devant la détermination des Montalbanais animés par le Pasteur Chamier et le Consul Dupuy.

Mais en 1629, après la prise de la Rochelle, Montauban doit se soumettre.

RICHELIEU entre dans la ville et rétablit solennellement le CULTE CATHOLIQUE à l’Eglise St Jacques qui deviendra provisoirement la Cathédrale. Le rôle de Montauban comme capitale du Protestantisme s’achève. Celui de ville industrielle et de capitale REGIONALE commence.

Dès 1628, le manufacturier David D’AIGNAN en fait un centre drapier important. Désormais, l’industrie drapière fera la fortune de Montauban, jusqu’à la fin du XVIIIème siècle. Importante ville industrielle, Montauban devient également alors une capitale Régionale. La Royauté française comprend la nécessité de tenir la ville par des institutions solides. En 1635, l’Intendance s’installe. En 1661, le tribunal qui s’occupait des questions financières, notamment des impôts. La CONTRE REFORME CATHOLIQUE trouve alors deux zêlés auxiliaires en la personne de Berthier et du Prévôt de la Cathédrale LE BRET, ce premier historien de Montauban, l’éditeur et l’ami de Cyrano de Bergerac.


Le Palais EPISCOPAL édifié à partir de 1664 symbolise cette action de la contre réforme, action patiente et méthodique qui vise à éliminer les réformés de tous les postes clefs. Certains réformés possèdent alors de grandes fortunes. Citons le financier Jonathan de Guarrisson, le riche bourgeois Solhinac… La révocation de l’Edit de Nantes, en 1685, qui consacre « la victoire de la religion du Roi » va entraver momentanément l’essor économique de la ville. Si la grande bourgeoisie se convertit dans sa majorité, la petite bourgeoisie et le peuple demeurent plus attachés à la réforme. C’est à partir de 1685 que s’édifie la NOUVELLE CATHEDRALE sur les plans de François d’Orbay et de Robert De Cotte. C’est un Monument où triomphe « la religion du Roi » et les armes trônent à sa façade.

Le XVIIIème siècle voit l’APOGEE ECONOMIQUE de Montauban. Minoteries, tissages de la laine et également la SOIE, font de la ville une des plus grandes places économiques du Sud Ouest. C’est alors que les COUVERTS sont achevés, ainsi que la CATHEDRALE. Les Marchands Montalbanais élèvent alors une grande partie des HOTELS dont s’enorgueillit encore la ville.

En 1744, la SOCIETE LITTERAIRE de Montauban, créée en 1730 par le poète Lefranc de POMPIGNAN, l’ennemi de Voltaire, est érigée en Académie par Louis XV. 

A la fin du siècle, l’Evêque de Montauban, Mrg de Tonnelier de Breteuil, protège les débuts du père INGRES, à la fois Architecte, Peintre et Sculpteur, qui sera le premier Maître de son fils, le grand Peintre Jean Auguste Dominique.

Les débuts de la révolution sont accueillis avec faveur par la bourgeoisie Protestante, notamment par le futur conventionnel Jeanbon St André, qui sera membre du Comité du salut public et futur Préfet de l’Empire. Pourtant, en 1790, la ville ne deviendra pas le Chef lieu du département, malgré les efforts de son représentant à l’Assemblée Nationale Poncet Delpech. Simple sous préfecture du Lot, dont le Chef Lieu est Cahors, Montauban supportera mal cette situation qui la rattache à une ville sans activité économique. Un maire intelligent et avisé, Vialètes de MORTARIEU, ami et protecteur d’Ingres, mettra fin à cette situation grâce à la visite de l’archichancelier Canbacérès qui précèdera celle de NAPOLEON, à la fin de Juillet 1808 : « je suis satisfait de l’amour que m’ont témoigné mes fidèles sujets de ma bonne ville de Montauban. J’ai vu avec peine les pertes qu’elle a éprouvées. Je la rétabliray dans ses droits, vous pouvez la regarder Chef lieu de département et je la mettrais au rang des principales villes de mon empire ». Le 4 Novembre 1808, un Senatus Consulte créait le nouveau département du Tarn et Garonne, dont Montauban serait dès lors, le chef lieu. Avec la construction du tribunal de commerce, du théatre, du nouveau tribunal et de nombreux hôtels néo-classiques qu’habitent une bourgeoisie Artiste et lettrée dont le maître à penser est GILIBERT, l’ami d’Ingres, Montauban, ou du moins son CENTRE HISTORIQUE, achevait de prendre la philosophie harmonieuse et classique que nous lui connaissons.

Le XVIIIème siècle finissant avait achevé la construction des QUAIS qui mènent au Cours Foucault, créés par l’Intendant du même nom en 1679. Le « Grand Rond » et les boulevards périphériques étaient nés à la fin du XVIIIème siècle au carrefour des nouvelles routes royales, à l’instar des travaux toulousains de Loménie de Brienne. Longtemps, ils limiteront l’expansion vers l’Est de Montauban.

La seconde moitié du XIXème siècle, et le début du XXème siècle ne verront que la construction des deux lycées, des écoles normales et du Pont des Consuls. Grâce à BOURDELLE, la ville s’ornera de sculptures notables, les « bronze » des monuments aux Morts de 1870 et de 1914-1918.

L’inondation de 1930 amènera une reconstruction partielle et peu heureuse du quartier de Villebourbon, détruit en grande partie par la catastrophe.

C’est à partir de 1955 que le développement de Montauban vers l’Est va se poursuivre. De grands ensembles standardisés de style international caractérisent le nouveau Montauban où parfois un rappel discret de briques dans des carcasses de béton ou de métal atteste encore que la ville est une des trois grandes villes roses du Midi avec Toulouse et Albi.