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Plaisance du Gers - la ville aux deux Bastides ...

EGLISE de Plaisance

Son histoire 

L'église de Plaisance fût construite de 1854 à 1862. Deux architectes diocésains, Barré puis Durand (architecte de la basilique de Lourdes) construisirent un vaste édifice composé d'une nef très éclairée, flanquée de beaux bas-côtés, l'ensemble voûté sur croisée d'ogives. En 1837 la municipalité abandonne le projet de l'agrandissement de l'église Sainte Quitterie pour la construction d'une église nouvelle. Les raisons invoquées sont non seulement la petitesse de la vieille église, incapable de contenir la foule de fidèles de plus en plus nombreuse, du fait de la forte croissance de la population de Plaisance, mais aussi son état de délabrement et sa modestie architecturale, indigne d'une bourgade en plein essor qui prend chaque jour davantage le visage d'une petite ville. Mais ce projet de construction d'une église nouvelle s'inscrit aussi dans le mouvement de renouveau catholique qui atteint son apogée sous le Second Empire. A Plaisance, il s'est manifesté par les cérémonies grandioses données en l'honneur de la translation des reliques de Saint Clément en 1847 et par la volonté bien affirmée des notables du bourg de rétablir la religion.

Après dix-sept années de tergiversations, liées non seulement au problème de financement de l'édifice mais aussi au choix de son emplacement, la première pierre de la nouvelle église est posée en 1854.
Comme sa sœur jumelle de Saint Clar, elle est l'œuvre de l'architecte diocésain Hyppolite Durand et de style néogothique. Construite au sud de la nouvelle place, elle parfait l'ensemble monumental érigé quelques années plus tôt. Les objectifs d'embellissement de la place l'ont emporté d'ailleurs sur les impératifs liturgiques. Elle est orientée, en effet, vers le sud, son monumental clocher porche s'ouvrant au nord sur la place aux Grains. Consacrée en 1862 et dédiée à l'Immaculée Conception, elle n'est toutefois achevée qu'au tout début de la Ille République par la construction de la flèche dont les matériaux ont été retirés de la démolition de Sainte-Quitterie en 1868. De grands vitraux représentant les litanies de la Vierge décorent les hautes baies de la nef, tandis que les piliers, épannelés jusqu'en 1890, recevront à cette date une décoration sculptée représentant les notables du lieu de la Belle Epoque. L'église est dotée d’un très bon orgue de 43 jeux.

La Place de l'Eglise
Bastide du 19ème siècle

Carte postale. Vue de la place à arceaux bordée de belles maisons du 19e siècle et fermée par l'église néogothique - Toulouse : phototypie Labouche frères, [entre 1905 et 1925].

La Place de la Mairie et ses arcades

Grande Bastide du 14ème siècle

Tour d'Angle de l'enceinte fortifiée de l'ancienne Bastide

La Bastide Médiévale de Plaisance, fondée en 1822, a compris cette tour d'angle. Au 18ème siècle, elle a servi comme prison de la ville. La Tour a appartenu de 1959 à 2001 à la famille : Foucart - Le Bihan et Amouroux France. La Tour est actuellement préservée par des propriétaires privés.

Son Orgue

Dès sa bénédiction par Mgr Vanel, en 1988, l'orgue de Plaisance a été au cœur d'une intense vie musicale qui a étroitement associé culte et culture. En 1990 le festival d'orgue a permis d'entendre l'intégrale de l'œuvre d'orgue de Jean-Sébastien Bach par les meilleurs jeunes organistes du moment, d'autres festivals ont suivi, permettant de découvrir une grande variété d'œuvres du répertoire. D'importantes personnalités religieuses ont visité l'orgue de Plaisance.

Les 25 ans d'ORGUE à Plaisance du Gers (crédit vidéo You Tube Tripakcentralcinema) ...

Ses Vitraux

Son Art et son Architecture Intérieure

LES CIRCUITS DU PATRIMOINE
La petite histoire de Plaisance du Gers par Alain LAGORS Professeur d'Histoire - Membre de la Société Archéologique et Historique du Gers et Plaisantin
PLAISANCE est l'une des rares bastides de Gascogne qui s'organise autour de deux places à arcades. Cette singularité du paysage de la ville actuelle née de la jonction de deux espaces urbains : l'un médiéval, l'autre du XIXème siècle témoigne des vicissitudes du passé de Chef Lieu du canton. 
1322 - NAISSANCE DE LA GRANDE BASTIDE
Fondée en paréage par Jean 1er Comte d'Armagnac et l'Abbé de la Case Dieu sur l'emplacement d'un habitat ancien (Ribaute) en partie déserté au XIIIème siècle, elle portait le nom de BASTIDE D'ARMAGNAC. C'était un vaste rectangle d'une dizaine d'hectares, englobant la presque totalité du cercle urbain actuel. Il était délimité par une enceinte près de laquelle le Comte d'Armagnac avait fait construire un fort beau château. Créée dans une période de fléchissement démographique, il est fort possible qu'elle ne put remplir son lotissement. Aussi, après les ravages de 1355 (chevauchée du Prince Noir en Gascogne) et les effroyables épidémies de peste de la seconde moitié du XIVème siècle, elle disparut complètement. Cette bastide "avortée" a néanmoins fixé définitivement le site de la bourgade sur la rive concave d'un méandre de l'Arros. Son parcellaire est perceptible dans la zone des jardins, tandis que le "canal de Cassagnac" emprunte dans son cours inférieur une partie de son fossé.
FIN XIVème - début XVème siècle : la fondation de la Bastide "contractée"
Un second "bourg neuf" comprenant seulement 8 îlots de maisons et couvrant à peine le quart de la superficie de la première fondation, nait avec la lente reprise du début du XVème siècle. La modestie de la nouvelle création qui prend le nom de PLAISANCE se dévoile à son exiguïté mais aussi à la modestie de ses monuments. Jusqu'en 1836, cet espace urbain étriqué, correspondant à l'actuel "quartier de la mairie" fut le centre de la vie municipale et commerciale.
Bien que construite 50 ans après les dernières bastides la nouvelle fondation en reprenait les caractéristiques essentielles : plan géométrique, place à arcades, halle, système défensif, nom d'origine étrangère. Parce que trop serrée dans son enceinte, elle ne put absorber, de la fin du XVIIIème siècle à 1836, une population toujours plus nombreuse. Aussi, ses faubourgs situés au Nord et au Sud s'étendirent démesurément accentuant ainsi sa petitesse. L'expansion démographique et commerciale de la fin du XVIIIème siècle est liée aux nouvelles fonctions administratives (chef lieu de canton) et judiciaire (siège du tribunal du 6ème district) de Plaisance sous la Révolution. L'enrichissement de cette période a laissé ses traces dans l'architecture civile : la quinzaine de belles maisons de maîtres de la vieille ville, construites dans les dernières décennies du "siècle des lumières" ont été les demeures de ces hommes de loi et nombreux à Plaisance pendant la période révolutionnaire.
1836 - 1862 - CREATION DE LA BASTIDE DU XIXème siècle
C'est en 1836 que fut percée, à l'ouest de la ville la route de Préchac, axe du nouveau peuplement.
Une croissance démographique sans précédent, née d'un extraordinaire essor commercial consécutif à la création d'un carrefour routier, va être à l'origine d'une véritable renaissance urbaine se traduisant par l'édification du vaste quartier de la "grand'rue" et de la "Place aux grains". De 1836 à 1870, Plaisance fut un gigantesque chantier. Deux impératifs présidèrent à la nouvelle construction : il fallait à tout prix casser l'étirement Nord-Sud de la ville mais aussi créer un nouvel espace adapté au négoce. Edifié sur l'emplacement déserté après les destructions de la "grande bastide" en 1355, le nouvel ensemble était la réplique du noyau ancien, mais il était plus aéré, plus monumental. La construction de l'Eglise néo-gothique de l'Immaculée Conception par J.DURAND, Architecte de la Basilique de Lourdes, au sud de la nouvelle "Place au grains" parachevait cet urbanisme "néo-médiéval".
Plaisance ... ville aux deux Bastides nées toutes deux du commerce à plus de trois siècles d'écart, présente un intérêt urbanistique certain. On comprend les efforts des élus locaux de vouloir, en cette fin de XXème siècle, sauvegarder cet ensemble unique dans la région.